Eloïse met régulièrement des informations sur sa page FB : https://www.facebook.com/Ferme.Des.Sueurs/


RENCONTRE AVEC ELOÏSE LE GRAND, À LA FERME DES SUEURS ,  AU VAL SAINT GERMAIN

 

 

Nous avons rencontré en avril 2016 Eloïse Le Grand et son père Frédéric Le Grand, dans le but d’initier des contrats volailles et œufs entre Eloïse et le Gasmap :

Fréderic a pris la suite de  ses parents et grands-parents en agriculture conventionnelle en « grandes cultures » : maïs, betterave, colza... il fait aussi de la multiplication de semences(orge, blé…)

Eloïse a étudié en lycée agricole puis parfait sa formation en BTS et a effectué de nombreux stages dans différentes fermes de toutes tailles, dans plusieurs régions.

Elle souhaite aujourd’hui se lancer dans l’élevage bio de volailles dès le mois de mai (canards, oies, pintades, poules et dindes et chapons au moment de Noël), puis de bovins qui arriveront sur la ferme début 2017.

Elle précise que le foncier est très cher et rare en Ile de France et qu’elle ne peut s’y installer que parce que son père lui fournit des terres.

 

A l’occasion de l’installation de sa fille, Frédéric a pris la décision de convertir toute son exploitation en bio, en une seule fois.

 Il n’utilisait déjà plus d’engrais à base de  phosphates et de potasse depuis 10 ans, que des engrais bio, et de l’azote chimique. 

 Il prévoit une baisse de production de 50% les 2è et 3è années (après 3 ans, il pourra vendre avec le label bio et donc à un prix supérieur au conventionnel, ce qui compensera la baisse).

 En même temps que les méthodes de travail, il doit changer de matériel.

 Les aides peuvent représenter jusqu’à 60% des investissements en matériel.(Les aides sont fixes pour une région, quel que soit le nombre d’agriculteurs en conversion bio. Il y en a beaucoup en IDF, donc les aides par agriculteur sont plus faibles)

 

Pour lui, la commercialisation par circuits courts a l’avantage de  stabiliser les revenus qui sont  indépendants du cours mondial. C’est la pression des consommateurs qui fera changer les choses.

Le frère cadet d’Eloïse devrait s’installer aussi sur la ferme d’ici 5 ans.

 

Cette décision, ainsi que le fait de se lancer dans l’élevage, entraîne une réorganisation complète de la ferme :

  • Certaines plantes ne seront plus cultivés (comme la betterave à sucre par exemple, car il n’y a pas de sucre de betterave en bio !) et remplacées par de la luzerne, blé, triticale, pois, tournesol , projet de faire du lin qui semble intéressant dans la région,… l’objectif étant d’être complètement autonome quant au nourrissage des animaux. L’activité de multiplication de semences continuera. Les volailles et les bovins apporteront le fumier. Certaines cultures sont également abandonnées et transformées en prés clôturés pour les bovins.
  • Des travaux  ont débuté dans les poulaillers -qui dataient des grands parents - pour accueillir les poussins qui seront âgés d’un jour quand Eloïse en fera l’acquisition. Les poussins ne supportent pas les courants d’air et doivent évoluer dans un local chauffé à 27°C ; les poulaillers vont donc être isolés et agrandis. Ils sont actuellement nourris au seau ; en raison de l’augmentation de la production, l’eau et la nourriture seront automatisées.
  • Plusieurs bâtiments sont en construction afin d’isoler les parcours des poulets de ceux des oies et canards : en effet, les palmipèdes ne se mélangent pas avec les poulets car ils sont porteurs sains de salmonelle au niveau cutané. C’est physiologique et ne présente aucun risque pour la consommation car lors de l’abattage ils sont flambés au chalumeau à 90 °(les salmonelles sont détruites à 60 degrés). En revanche, les poules ne portent normalement pas cette salmonelle et si elles étaient en contact avec les oies ou canards, elles pourraient être contaminées et impropres à la consommation. De plus, le parcours des palmipèdes passe par la mare.
  • Des parcours pour les volailles sont en cours d’installation en extérieur.
  • Une mare est prévue pour les canards et les oies l’été.
  • Il est prévu que l’abattage soit fait à la ferme. Il y a une salle d’abattage et une chambre froide .
  • Les volailles choisies par Eloïse seront des « souches lentes », c’est à dire qui grossissent lentement et en plein air, abattues au plus tôt à 120 jours de vie pour les poulets (contre 36 en élevage conventionnel) et 150 jours pour les canards, ce qui a pour conséquence d’avoir des volailles de grosse taille. Eloïse attire notre attention : nous ne devons pas être surpris si les poulets sont  gros, c’est un gage de qualité.
  • L’arrivée des bovins est prévue pour l’automne ou l’hiver prochain.
  • Il y aura une boutique à la ferme, pour une vente directe.

Voilà pour les aménagements en cours et à venir.

 

L’ Histoire de la ferme :

Les grand parents de Frédéric avaient 90 hectares de moutons, vaches à lait, chevaux (14 personnes mangeaient à midi à la ferme !)

Son père a continué l’élevage jusqu’en 1973, puis a dû choisir entre se moderniser, ou arrêter, ce qu’il a fait. Il avait alors 130 ha.

Lorsque Frédéric s’est installé, la ferme faisait 150ha. Il élève des canards, des oies, des dindes.

 

Il y a 12 ans , la ferme s’est agrandie à 260 ha avec le rachat de terres voisines.

 

Avec le passage en bio et l’installation d’Eloïse, une partie des terres va passer en prairie : ce seront les terres les plus difficiles à cultiver… comme du temps des grands parents.

 

Nous discutons des abattoirs dans le contexte de l’élevage bio et des Amap.

Selon Frédéric, le combat des prochaines années sera celui des abattoirs itinérants, comme cela existe en Allemagne. En effet, en IDF il n’y a que des abattoirs rituels, les petits abattoirs ont disparu, rachetés par 3 grands groupes. L’abattoir bio le plus proche serait celui d’Alençon. (Le temps de transport stresse les animaux, en plus des conditions d’abattage).

 

Concernant les contrats volailles et œufs à proprement parler :

  • Eloïse propose des contrats de septembre à juin, soit dix mois, à raison d’une livraison par mois (possible le mercredi en même temps que les légumes). Nous proposons que l’engagement se fasse sur les 10 mois avec des chèques faits à l’avance, et un réajustement à la dernière livraison en fonction des poids des volailles ( comme à l’amap de Daniel à Dourdan). Cela lui convient.
  • Il y aurait des volailles différentes chaque mois, pour permettre de gérer les parcours des différents animaux. Par exemple en septembre, du canard, en octobre, de la pintade, etc… avec la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de souscrire à un contrat exclusivement « poulets ».
  • Les œufs seront apportés sur planche (pondus au maximum 3-4 jours avant la livraison) et chaque adhérent viendra avec sa(ses) boîte(s). une fois par mois pour la 1ere année, ensuite on verra si on passe à 15 jours.

Une vente « test » aura lieu soit le 18 mai 2016 lors de la reprise des livraisons de paniers de légumes. Il faudrait lancer les contrats rapidement car idéalement, Eloïse commande les poussins en mai.

 

Nous avons reçu un excellent accueil et avons rencontrés 2 personnes passionnées par leur métier !

 

 Nina et Béatrice

 



Informations sur la conversion en bio

Télécharger
conversion GUIDE-PRATIQUE-ELEVAGE-VOLAIL
Document Adobe Acrobat 395.0 KB